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Après avoir obtenu mon doctorat, j'ai travaillé pendant de nombreuses années au Conseil national de recherches Canada. Mes travaux ont porté sur diverses formes d'interfaces personne-systèmes issues des technologies de l'intelligence artificielle et de la réalité virtuelle.
Mes intérêts de recherche actuels constituent un prolongement de ces travaux. Je m'intéresse aux applications de la réalité virtuelle à la psychologie.
Environnements Virtuels et Psychothérapie
Introduction
Quoique la réalité virtuelle soit une technologie encore nouvelle, plusieurs écrits soutiennent qu'elle permettra d'améliorer de nombreuses interventions psychothérapeutiques (Glantz et al. 1996; Glanz et al. 1997; Wiederhold et al. 1998). Quelques publications rapportent l'efficacité de l'environnement virtuel pour le traitement de phobies (North et al. 1996a,b; North, 1997). Le traitement des désordres alimentaires (Riva, 1996) et de l'autisme chez l'enfant (Strickland, 1996) constituent deux autres formes de thérapies assistées par la technologie qui sont à l'étude. Dans chacun des cas, les auteurs se disent encouragés par leurs résultats préliminaires.
L'efficacité du traitement assisté par la technologie virtuelle repose sur l'hypothèse selon laquelle un apprentissage est plus facilement transféré du milieu thérapeutique au monde réel si le client participe activement à son traitement.
Plusieurs caractéristiques suggèrent de plus, son potentiel thérapeutique. La technologie est flexible et programmable. Elle permet de présenter un grand nombre de stimuli contrôlés (e.g. éléments reliés au réalisme de la scène) et de mesurer et observer de nombreuses réponses de l'utilisateur (e.g. tension musculaire, tachycardie, dilatation de la pupille). La structure de l'environnement et ses réactions aux comportements de l'utilisateur peuvent être adaptées aux besoins communs à plusieurs désordres psychologiques (e.g. phobies des hauteurs) et/ou aux besoins particuliers d'un seul individu. Une scène peut, par exemple, être plus ou moins réaliste (e.g plus ou moins anxiogène) selon l'effet désiré.
La structure de l'environnement et ses réactions aux comportements de l'utilisateur sont facilement modifiées entre les sessions de thérapie et aussi au cours d'une même session.
La réalité virtuelle permet au thérapeute d'accompagner son client dans le monde virtuel dans lequel ce dernier est immergé. Quoique la méthode traditionnelle permette aussi au thérapeute d'accompagner son client dans sa démarche, l'environnement virtuel offre de plus, la possibilité de faire l'expérience directe de la perception du client et d'intervenir aux moments les plus appropriés.
Applications thérapeutiques
A ce jour, la majorité des applications thérapeutiques de la réalité virtuelle porte sur la résolution de phobies. Les désordres de l'anxiété constituent un ensemble d'applications particulièrement bien adaptées aux possibilités de la technologie étant donnée la nature de leurs traitements traditionnels. Les traitements de désensibilisation systématique in vivo et in vitro exigent en effet que le client s'expose physiquement ou par le biais de visualisations à la source de son anxiété. La technologie permet de concrétiser les éléments perturbateurs de l'environnement anxiogène. Elle permet de : (1) configurer une scène, (2) varier la force des stimuli, (3) varier le degré de réalisme de la simulation et (4) varier le nombre de modalités sensorielles (la vue, l'ouïe et bientôt le touché). L'environnement peut servir à contrecarrer l'effet d'une modalité anxiogène (e.g. la vue d'un stimulus menaçant) par une autre modalité (e.g. une musique de détente). Comparé au traitement in vivo, le traitement assisté par la technologie virtuelle peut s'avérer moins dangereux, moins coûteux que le déplacement d'un client et de son
thérapeute, et aussi plus à même d'assurer l'anonymat de la clientèle. Comparé au traitement in vitro, il est probable que l'environnement virtuel s'avère plus complet que la scène visualisée par le client, et que les éléments perturbateurs de la scène puissent s'identifier plus facilement.La thérapie assistée par la technologie virtuelle peut aussi servir les intérêts d'une approche cognitive de diverses façons (Glanz, 1997). Elle peut, par exemple, aider un client à discerner une perception d'une présomption. La nature illusoire de la technologie peut démontrer la fausseté de certaines perceptions et ainsi faciliter la remise en question d'idées préconçues. Selon Glanz, la technologie virtuelle se prête bien aux interventions thérapeutiques qui cherchent à confronter les fausses croyances d'un client par le raisonnement et par l'identification des indices, qui en apparence seulement, les justifient.
Depuis 1995, les résultats d'études préliminaires qui portent sur l'efficacité thérapeutique d'un environnement virtuel se lisent dans la littérature. Deux d'entre elles ciblent la peur des hauteurs (Hodges et al.1995a ; Lanson et Meisner, 1994 ; Rothbaum et al. 1995a,b). Une autre porte sur la peur des endroits clos (North et al. 1995a,b ; 1996a) et encore une autre sur la peur de voyager en avion (North et al. 1996b). Les auteurs rapportent des résultats positifs dans chacun des cas. Aucune des études, à ce jour, ne compare toutefois l'efficacité d'une thérapie traditionnelle avec une thérapie assistée par la technologie. Il est probable que l'intérêt suscité par les possibilités de cette technologie permette de répondre à ces interrogations dans un avenir rapproché.
D'autres formes de phobies constituent actuellement les désordres les plus susceptibles d'être aidés par la technologie. Ceux-ci incluent la peur de conduire un véhicule automobile, de parler en public, la peur de certains animaux, de procédures médicales et de certaines conditions de l'environnement (e.g. le tonnerre).
Direction de recherches
Quoique l'avenir de la réalité virtuelle appliquée à la résolution de désordres psychologiques semble prometteur, plusieurs études devront être réalisées afin d'en comprendre les bénéfices et les limites. Celles-ci devront définir quand et dans quelles conditions elle peut le mieux desservir certains intérêts thérapeutiques. Des études empiriques sont requises pour déterminer, entre autres: 1) l'étendue des désordres que la technologie peut aider, 2) le nombre et la durée des sessions requises à la résolution d'un désordre, 3) étant donné un trouble, les structures de l'environnement et/ou 4) les variables sensorielles, cognitives ou ergonomiques qui suscitent une réponse indésirable 5) et celles qui sont reliées à sa résolution, 6) les rapports coûts/ bénéfices d'une thérapie traditionnelle et d'une thérapie assistée par la technologie, 7) l'impact de la thérapie assistée par la technologie virtuelle sur différentes populations 8) l'intérêt d'intégrer photographies, bandes audio et vidéo tirées de la vie du client et aussi, 9) les dangers qu'elle peut poser.
Publications reliées
Glanz, K., Durlach, N.I. Barnett, R.C., Aviles, W.A. (1996). Virtual reality (VR) for psychotherapy: from the physical to the social environment. Psychotherapy, Vol. 33, No. 3, Fall, pp. 464-473.
Glanz K., Durlach, N.I. Barnett, R.C., Aviles, W.A. (1997). Virtual reality (VR) and psychotherapy: opportunities and challenges. Presence: Teleoperators and Virtual Environments, Vol.6, No. 1, February,
pp. 87-105.Hodges, L.F., Rothbaum, B. O., Kooper, R., Opdyke, D., Meyer, T., Northe, M.M., de Graff, J. J., & Williford, J. (1995a). Virtual environments for treating the fear of heights. IEEE Computer, Vol. 28, No.7,
pp.27-34.Johnson, J. (1997). The virtual endeavor experiment: a networked VR application. Proceedings on the Fourth International Conference on Hypermedia and Interactivity in Museums, September 3-5, France, 68-73.
Langlois, G. (1996). La science de l'illusion: la réalité virtuelle. Interface, 17(6), 40-49.
Lanson, R. (1994). Virtual therapy of anxiety disorders. CyberEdge Journal, 4(2), 6-8.
Lanson, R., Meisner, M. (1994). The effects of virtual reality immersion in the treatment of anxiety, panic and phobia of heights. Proceedings of the Second Annual Conference on Virtual Reality with Persons with Disabilities, California State College, Northbridge, pp.63-68.
North, M.M., North, S.M., & Coble, J.R. (1995a) An effective treatment for psychological disorders: Treating agoraphobia with virtual environment desensitization. CyberEdge Journal, Vol. 5, No. 3, pp.12-13.
North, M.M., North, S.M., & Coble, J.R. (1995b). The effectiveness of virtual environment desensitization in the treatment of agoraphobia. International Journal of Virtual Reality, Vol. 1, No. 2, pp.25-34.
North, M.M., North, S.M., & Coble, J.R. (1996a). Effectiveness of virtual environment desensitization in the treatment of agoraphobia. Presence: Teleoperators and Virtual Environments, Vol. 5, No. 3, pp. 346-352.
North, M.M., North, S.M., & Coble, J.R. (1996b). Virtual environments psychotherapy: A case study of fear of flying disorder. Presence: Teleoperators and Virtual Environments, Vol. 6, No. 1, pp. 87-105.
North, M.M., North, S.M., Coble, J.R. (1997). Virtual environments psychotherapy: a case study of fear of flying disorder. Presence: Teleoperators and Virtual Environments, Vol.6, No. 1, February, pp. 127-132.
Parent, A. & Thibault, G. (1998). A task analysis tool for psychotherapeutic virtual environments. CyberPsychology and Behavior, Vol.1, Number 3, pp.225-235.
Riva, G. (1996). Virtual reality and body experience: a new approach to the study of eating disorders. International Journal of Virtual Reality, Vol.2, No. 2, Spring, pp. 9-16.
Roehl, R. (1997). Virtual archeology. Iris Universe, 40, Summer, 28-35.
Rothbaum,B.O., Hodges,L.F., Kooper, I.R., Opdyke, M.S., Williford, J.S., & North, M.S. (1995a). Effectiveness of computer generated (virtual reality) graded exposure in the treatment of acrophobia: a case report. Behavior Therapy, Vol. 26 No. 3, pp. 547-554.
Rothbaum,B.O., Hodges,L.F., Watson, B.A., Kessler, G. D., Opdyke, D. (1995b).Virtual reality exposure therapy in the treatment of fear of flying: a case report. Behavior Therapy, Vol. 34 No. 516, pp. 477-481.
Strickland, D. (1996). A virtual-reality application with autistic children. Presence: Teleoperators and Virtual Environments, Vol. 5, No. 3, pp. 319-329.
Weiderhold, B.K., Weiderhold, M.D. (1998). A review of virtual reality as a psychotherapeutic tool.CyberPsychology and Behavior, Vol. 1 No. 1, pp 45-52.
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